Municipales 2026 Draguignan
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Municipales 2026 à Draguignan : une campagne en demi-teinte

Cet article analyse la campagne des municipales 2026 à Draguignan, en s’appuyant sur le débat diffusé sur France 3 Côte d’Azur le 1er février 2026 et sur la rencontre publique organisée par Nice-Matin / Var-Matin le mardi 3 février 2026 au complexe Saint-Exupéry de Draguignan. Il examine les propositions des candidats, les priorités budgétaires et les principaux enjeux politiques.

Mardi soir au complexe Saint-Exupéry, près de 200 personnes étaient présentes. Un public attentif et curieux, mais qui a pu ressentir un manque d’élan et de passion. Le débat s’est souvent traduit par des présentations administratives, plus proches de la gestion quotidienne que de visions mobilisatrices.

Si les grands thèmes — habitat, transports, sécurité et environnement — ont été abordés, certaines questions n’ont pas été évoquées, notamment celles relatives à la culture, à la maîtrise du coût de fonctionnement des collectivités (mairie et DPVA) ou à la révision des subventions accordées à certaines associations.

Des visions en demi-teinte

À l’exception de Christophe Terras (gauche unie), qui a insisté sur la participation citoyenne et un rapport plus horizontal à la décision publique, la campagne montre des projets relativement classiques, centrés sur des priorités concrètes mais peu mobilisatrices.

Les candidats et leurs projets

Richard Strambio (maire sortant) a présenté sa vision d’une « Ville où il fait bon vivre, pour tous ». Ses priorités : santé et formation, ainsi que des équipements sportifs modestes. Comme président sortant de la DPVA, il est resté plutôt évasif sur le dossier de l’abandon du Pôle de transition environnementale (PTE).

Philippe Schreck (Rassemblement national) a mis l’accent sur la sécurité et la maîtrise des dépenses. Projet phare : transformer le terrain de l’ancienne prison en parc, symbole de « fin de la bétonisation ». Il soutient également la rénovation d’infrastructures existantes comme le complexe Gily.

Christophe Terras (gauche unie) a centré son programme sur l’enfance, la rénovation des écoles et l’adaptation des bâtiments au dérèglement climatique. Son projet phare : démocratie active, avec participation directe des habitants aux grandes décisions, et la création d’une piscine intercommunale.

François Gibaud (divers droite), issu de la majorité municipale sortante, a mis en avant insécurité, propreté et attractivité économique. Ses projets phares : piscine et élargissement de l’offre de formation.

Tous les candidats ont reconnu un contexte budgétaire contraint, amplifié par les incertitudes financières pesant sur l’agglomération. Il est fort probable qu’ils réservent les détails de leurs programmes respectifs au public qui viendra assister à leurs meetings, lesquels pourraient eux aussi révéler leur part de surprise, notamment avec le dévoilement de la composition de leur liste.

Le dossier chaud : l’abandon du Pôle de transition environnementale (PTE)

L’abandon du PTE constitue le sujet le plus sensible de cette campagne des municipales 2026 à Draguignan. Les pénalités, sans être arrêtées à ce jour, seraient estimées autour de 5 millions d’euros, un coût qui pourrait peser sur les habitants des 23 communes de l’agglomération dracénoise.

Cette décision met également en lumière la nécessité de clarifier la gouvernance de la DPVA et de mieux structurer les processus décisionnels pour éviter des choix coûteux à l’avenir. Un audit pourrait peut-être envisagé en cas de changement de gouvernance.

Trois thématiques fortes pour 2026

  1. Sécurité et cadre de vie : prévention, répression, propreté, embellissements urbains, éclairage public, circulation et lutte contre les incivilités.
  2. Impact budgétaire et gouvernance : conséquences financières de l’abandon du PTE et nécessité de clarifier la gouvernance de la DPVA.
  3. Réhabilitation et attractivité : politique volontariste pour réhabiliter l’habitat et renforcer l’attractivité du centre-ville.

Une campagne marquée par la nouveauté et la surprise

À Draguignan, il est à regretter qu’aucune femme ne soit en tête de liste cette année, malgré la parité imposée sur les listes, ce qui souligne un manque de représentation symbolique dans le débat local. Le scrutin de 2026 s’annonce par ailleurs particulièrement ouvert : pour la première fois depuis 2020, une liste de gauche se présente, tandis que la candidature inattendue de François Gibaud vient redistribuer les cartes à droite. Selon la manière dont se feront les fusions ou les reports de voix, M. Gibaud pourrait bien devenir le faiseur de roi, capable de déterminer l’issue finale de l’élection.