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Film Compostelle, marcher pour se sauver : avant-première à Draguignan

Film Compostelle, marcher pour se sauver : avant-première à Draguignan

Avant-première au CGR Draguignan — 29 mars 2026

En ce dimanche 29 mars 2026 à 14h00, le cinéma CGR Draguignan accueillait l’avant-première du film Compostelle, marcher pour se sauver, réalisé par Yann Samuel. À quelques jours de sa sortie nationale, le long-métrage s’est dévoilé devant un public présent, avec un taux de remplissage d’environ 30 % — à tempérer toutefois au regard du changement d’heure printanier, de l’horaire proposé et d’une fin de mois traditionnellement moins propice aux sorties en salle.

Une marche de rupture comme alternative à la prison

Le film pose d’emblée son enjeu : celui d’un adolescent en situation de récidive, dont le destin semble se diriger inexorablement vers la prison. Face à cette impasse, une solution radicale émerge : partir, marcher, rompre.

Ce choix devient une ultime tentative pour éviter l’enfermement. Une marche de rupture, loin des repères habituels, où le corps et l’effort remplacent la spirale des erreurs.

Inspiré de témoignages réels, le récit s’inscrit dans une réalité sociale forte : celle de jeunes en perte de repères, pour lesquels il reste encore une possibilité — celle de changer de trajectoire.

Un chemin intérieur, entre chute et relèvement

Au fil des kilomètres, le film dessine un chemin individuel, fait d’étapes, de hauts comme de bas. Rien n’est linéaire : les avancées sont fragiles, les rechutes possibles, les silences souvent plus éloquents que les mots.

Mais cette marche n’est pas solitaire.

Aux côtés du jeune homme, une accompagnatrice, incarnée avec une grande justesse par Alexandra Lamy, guide sans imposer, soutient sans contraindre.

Une relation faite de confiance et de doutes

Le film trouve sa force dans cette relation singulière. Entre les deux personnages, les échanges sont parfois rugueux, les incompréhensions réelles, les tensions palpables.

Et pourtant, peu à peu, une confiance s’installe.

L’accompagnatrice ne se contente pas d’encadrer : elle doute, elle apprend, elle évolue. Au contact de ce jeune qu’elle est censée « sauver », elle entame elle aussi son propre chemin.

Le film donne ainsi à voir une double transformation, où chacun, à sa manière, se reconstruit au contact de l’autre.

Une traversée sensible des territoires

De Puy-en-Velay à Pampelune, en passant par Rochegude, les étendues de l’ Aubrac, les haltes emblématiques de Estaing, Conques ou encore Cahors, jusqu’à Irun et Monte de León, le film déploie une géographie vivante.

Sans jamais tomber dans la carte postale, il rappelle avec justesse combien la France des régions est belle, diverse et inspirante, tout comme cette ouverture naturelle vers l’Espagne à travers les Pyrénées-Atlantiques, jusqu’à Compostelle.

Compostelle, entre héritage et modernité

Le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, emprunté depuis le Moyen Âge, mène à la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, où repose selon la tradition l’apôtre Jacques.

Mais aujourd’hui, il dépasse largement sa dimension religieuse. Il est devenu un espace de quête personnelle, de rupture, de reconstruction.

Le film s’inscrit pleinement dans cette évolution : ici, marcher, c’est tenter de se sauver.

Un film utile, profondément humain

Compostelle, marcher pour se sauver ne donne pas de leçon. Il propose une voie.

Celle d’un accompagnement exigeant mais humain. Celle d’un temps long, à rebours de l’immédiateté. Celle d’une possible réconciliation — avec soi-même, avec l’autre, avec le monde.

Le film s’adresse autant aux adolescents en difficulté qu’à leurs parents, souvent démunis face à l’incompréhension.

À voir pour se trouver… ou se retrouver

Malgré une affluence mesurée lors de cette avant-première dracénoise, le film laisse une impression durable. Par sa sincérité, sa justesse et la qualité de son interprétation (Alexandra Lamy y est solaire, Julien le Berre très juste et prometteur) et il s’impose comme une œuvre sensible et nécessaire.

Un film à recommander à tous ceux qui cherchent une issue, un sens, ou simplement un chemin.

Sortie nationale le 1er avril 2026

Le site officiel des Chemins de Compostelle