Dans les Alpes-de-Haute-Provence (04), la station du Seignus d’Allos fête ses 90 ans d’existence. Installée autour de 1 500 mètres d’altitude, cette station de ski des Alpes-du-Sud occupe une place particulière dans le paysage touristique régional. Mais derrière l’anniversaire, une question revient avec insistance : quel avenir pour le Seignus d’Allos dans un contexte économique et climatique tendu ?
Une station de ski historique des Alpes-du-Sud
Depuis neuf décennies, le Seignus d’Allos s’est imposé comme une station familiale à taille humaine. Son positionnement repose sur plusieurs atouts : accessibilité depuis l’arc méditerranéen, domaine adapté aux débutants et ambiance authentique.
Pour de nombreuses familles, notamment venues du Var, la station représente un “premier sommet”. Depuis Draguignan et le centre Var, le Seignus est historiquement l’une des stations les plus accessibles pour un week-end ou des vacances scolaires. Cette fidélité intergénérationnelle contribue à son identité forte dans le territoire.
L’anniversaire des 90 ans intervient toutefois dans un climat de réflexion publique sur la soutenabilité du modèle économique du domaine skiable.
Saison 2025-2026 : un hiver favorable
La saison 2025-2026 est décrite localement comme un bon cru, avec un enneigement naturel satisfaisant et une fréquentation dynamique durant les périodes de vacances. Les dates d’ouverture ont été communiquées officiellement, avec un fonctionnement ajusté “selon enneigement et fréquentation”, pratique désormais courante dans les stations de moyenne altitude.
Cet hiver réussi rappelle que le Seignus d’Allos reste capable d’offrir des conditions attractives lorsque la météo est favorable. Toutefois, une saison positive ne suffit pas à elle seule à garantir l’équilibre financier structurel d’un domaine skiable, lequel s’apprécie sur plusieurs exercices budgétaires.
Un modèle économique sous tension
Comme de nombreuses stations de moyenne altitude en France, le Seignus doit composer avec plusieurs contraintes :
- coûts d’exploitation élevés (maintenance des remontées mécaniques, personnel saisonnier, damage, énergie) ;
- investissements réguliers pour la mise aux normes et la modernisation ;
- variabilité de l’enneigement liée aux conditions climatiques.
Plusieurs médias nationaux, dont Le Nouvel Obs, ont évoqué l’existence de débats locaux concernant l’avenir du domaine skiable. Ces articles rapportent des tensions politiques et des interrogations sur la viabilité économique à moyen terme. A la date de publication, aucune décision officielle de fermeture définitive du Seignus d’Allos n’a été formellement actée selon les informations publiques disponibles. Les discussions portent sur des scénarios d’évolution et sur la soutenabilité du modèle, sans qu’une orientation irrévocable ait été annoncée.
Un débat qui dépasse Val d’Allos
La situation du Seignus s’inscrit dans un contexte plus large : celui de l’avenir des stations de ski des Alpes-du-Sud et des massifs de moyenne altitude. Partout, les collectivités s’interrogent sur l’adaptation au changement climatique, la diversification quatre saisons et l’équilibre budgétaire des domaines skiables.
À Val d’Allos, plusieurs pistes sont évoquées publiquement :
- Maintien du modèle actuel avec investissements adaptés ;
- Ajustement du périmètre et concentration sur les périodes les plus rentables ;
- Renforcement d’un modèle “quatre saisons” axé sur la randonnée, les activités nature et l’événementiel.
Toute évolution dépendra de décisions relevant des instances municipales et du gestionnaire du domaine, dans le cadre des procédures administratives applicables.
Un enjeu territorial majeur
Le Seignus d’Allos ne représente pas seulement un équipement touristique. Son activité hivernale irrigue l’économie locale : commerces, hébergements, emplois saisonniers et attractivité du territoire.
La réflexion actuelle oppose donc deux impératifs : préserver un outil structurant pour la commune et éviter une exposition financière excessive. Cet arbitrage, complexe, s’inscrit dans un débat démocratique local.
À 90 ans, le Seignus d’Allos demeure une station emblématique des Alpes-du-Sud, attachée à son public fidèle. L’hiver 2025-2026 montre qu’elle conserve un potentiel réel lorsque les conditions sont réunies. Reste à savoir quelle trajectoire sera choisie pour concilier attachement historique et responsabilité économique.


