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1974 : quand Draguignan a perdu la préfecture du Var au profit de Toulon

Transfert de la préfecture de Draguignan

Le 25 septembre 1974, une décision du gouvernement français bouleverse l’équilibre historique du département du Var : la préfecture, installée depuis près de deux siècles à Draguignan, est transférée à Toulon. Pour la cité dracénoise, cette annonce est vécue comme un véritable choc. L’événement marque profondément la mémoire locale et reste aujourd’hui encore un épisode majeur de l’histoire administrative du Var.

Draguignan, capitale administrative du Var pendant près de deux siècles

Après la Révolution française, lorsque les départements sont créés en 1790, Draguignan est choisie comme chef-lieu du Var. À cette époque, la ville occupe une position relativement centrale dans un territoire qui ne comprend pas encore l’actuel département des Alpes-Maritimes.

Pendant près de 180 ans, Draguignan devient le cœur administratif du département. La ville accueille :

  • la préfecture du Var
  • les services de l’État
  • les institutions judiciaires et administratives
  • une activité liée à la présence militaire

Ce statut contribue au développement de la ville et renforce son rôle politique dans le département.

L’évolution démographique et économique du Var

Au fil du XXᵉ siècle, l’équilibre territorial du Var évolue profondément. Le développement économique se concentre de plus en plus sur le littoral.

Plusieurs facteurs expliquent ce basculement :

  • la croissance démographique des villes côtières
  • l’importance stratégique de l’arsenal militaire à Toulon
  • l’essor du tourisme sur la côte varoise
  • le développement des infrastructures portuaires et routières

Peu à peu, Toulon devient la principale ville du département, tant par sa population que par son poids économique.

La décision du transfert en 1974

Au début des années 1970, la question du chef-lieu du Var revient dans le débat administratif. Le gouvernement considère que la préfecture doit se situer dans la ville la plus importante du département.

En 1974, le Premier ministre Jacques Chirac, alors chef du gouvernement du président Valéry Giscard d’Estaing, officialise le transfert de la préfecture vers Toulon.

La décision est justifiée par plusieurs arguments :

  • Toulon est la ville la plus peuplée du Var
  • elle dispose d’infrastructures administratives et de transport plus importantes
  • elle constitue le principal centre économique du département

Le transfert devient effectif le 1er décembre 1974.

Un traumatisme pour Draguignan

À Draguignan, la décision est vécue comme une véritable injustice. La ville perd alors son statut de capitale administrative du département.

Le départ de la préfecture entraîne :

  • le transfert de nombreux services administratifs
  • la perte d’emplois liés à l’État
  • une diminution du poids politique de la ville

De nombreuses manifestations et mobilisations locales ont lieu à l’époque. Les habitants dénoncent une décision qui, selon eux, favorise le littoral au détriment de l’intérieur du Var.

Même si Draguignan conserve le statut de sous-préfecture, la ville ne retrouve jamais l’influence qu’elle exerçait auparavant.

Un symbole durable dans l’histoire du Var

Près d’un demi-siècle plus tard, le transfert de la préfecture reste un épisode marquant de l’histoire varoise. Il symbolise le basculement du centre de gravité du département vers le littoral.

Aujourd’hui, Toulon est pleinement installée dans son rôle de capitale administrative du Var, tandis que Draguignan a poursuivi son développement autour d’autres fonctions, notamment militaires, judiciaires et territoriales.

Mais dans la mémoire locale, l’année 1974 demeure une date clé, souvent évoquée comme le moment où Draguignan a perdu une part importante de son identité administrative.