Vendredi 9 janvier 2026, la salle Maurice Michel d’Ampus a pu vibrer d’émotion et de curiosité : Francis Vauban, photographe et conférencier passionné, a offert une traversée passionnante de l’histoire hospitalière européenne avec « Il était une fois l’hôpital ».
Dans le cadre des Vendredis d’Emporium. Devant une cinquantaine d’auditeurs, il a déroulé le fil reliant les Hôtels-Dieu médiévaux aux grands centres hospitaliers universitaires d’aujourd’hui.
Des Hôtels-Dieu au cœur de l’histoire médicale et pharmaceutique
À travers une cinquantaine de clichés réalisés en France et en Belgique, Francis Vauban a pu retracer la longue évolution des institutions hospitalières. D’abord simples hospices tenus par des ordres religieux, les Hôtels-Dieu accueillaient pauvres, pèlerins et malades. Ils étaient financés par des dons, des legs ou des fonds viticoles, véritables modèles d’économie caritative.
Les religieuses y jouaient un rôle central : infirmières, apothicaires, gestionnaires. Le conférencier a évoqué le temps des quatre humeurs, la pratique de la trépanation ou encore les ravages de la peste, autant de jalons dans la lente transition vers la médecine scientifique.
Beaune, joyau du patrimoine hospitalier
Francis Vauban s’est longuement arrêté sur un symbole majeur : les Hospices de Beaune, fondés en 1443 par Nicolas Rolin et son épouse Guigone de Salins. Monument du gothique flamboyant avec ses célèbres toits polychromes, l’établissement abritait la vaste grande salle des pauvres et une apothicairerie intégrée.
Restaurés au XIXᵉ siècle, ces Hospices demeurent le parfait exemple d’une architecture hospitalière pensée à la fois pour le soin et la dignité des malades. Jusqu’aux années 1970, les revenus des domaines viticoles beaunois finançaient l’accueil des indigents.

Lessines, berceau wallon de la bienfaisance hospitalière
Moins connu mais tout aussi emblématique, l’Hôtel-Dieu de Lessines (XIIIᵉ siècle) illustre le modèle d’un hôpital lié à la charité monastique. Construit sous l’influence de l’abbaye d’Anchin, il possédait un jardin de simples pour la préparation de remèdes naturels.
Cet établissement belge montre la continuité entre foi, soin et savoir, anticipant la vocation humaniste des futurs hôpitaux français. Lessines et Beaune partagent ce même idéal : guérir, soulager, et instruire.
De la charité aux CHU : l’évolution d’un modèle
De la création des premiers conciles hospitaliers (Orléans, 549) au développement des CHU dans les années 1960, la mutation est immense. Appuyés sur les progrès de la pharmacie moderne, les Hôtels-Dieu sont passés de refuges spirituels à institutions médicales innovantes. Ambroise Paré, Laennec ou encore Rolin jalonnent cette histoire, chacun apportant sa pierre à l’édifice du soin public.
Un patrimoine vivant à préserver
En reliant le Var à Beaune et Lessines, Francis Vauban rappelle que ce patrimoine hospitalier n’est pas figé. Il nous invite à reconnaître la valeur de nos propres traces locales, témoins d’une solidarité séculaire entre foi, science et humanité.


