Dracénie : population en hausse, chômage élevé… analyse économique et sociale du territoire
Dracénie Provence Verdon Agglomération (DPVA) regroupe 23 communes autour de Draguignan et plus de 113 000 habitants. Situé entre le Verdon et la Côte d’Azur, ce territoire du centre Var attire de nouveaux habitants depuis plusieurs années. Mais derrière cette attractivité résidentielle, l’économie de la Dracénie (pas celle ressentie) montre une réalité plus contrastée : revenus inférieurs à la moyenne nationale, chômage plus élevé et économie très orientée vers les services.
Analyse synthétique à partir des données publiques disponibles.
Les chiffres clés de l’économie de la Dracénie
- 113 515 habitants
- +0,9 % de croissance démographique annuelle (2016-2022)
- 38 800 emplois sur le territoire
- 12,5 % de chômage
- 22 100 € de revenu médian annuel
- 18,1 % de taux de pauvreté
Ces indicateurs dessinent le portrait d’un territoire dynamique démographiquement mais plus fragile économiquement que la moyenne nationale.
Une agglomération qui attire de nouveaux habitants
Avec 113 515 habitants en 2022, la Dracénie fait partie des territoires du Var qui continuent de gagner de la population.
Entre 2016 et 2022, la population a progressé de 0,9 % par an, soit plus du double de la moyenne nationale (0,4 %).
Plusieurs facteurs expliquent cette attractivité :
- la qualité de vie provençale
- la proximité du Verdon et de la Côte d’Azur
- un immobilier généralement plus accessible que sur le littoral
- le climat méditerranéen, avec un ensoleillement important
Ce dernier facteur constitue d’ailleurs un avantage structurel du territoire qui ne dépend pas directement des politiques publiques.
👉 La Dracénie apparaît ainsi comme un territoire résidentiel attractif dans le Var.
Une population qui croît plus vite que l’emploi ?
Cette attractivité peut cependant poser une question économique importante :
le territoire crée-t-il suffisamment d’emplois pour absorber l’arrivée de nouveaux habitants ?
Entre 2016 et 2022, l’emploi local a progressé de 1,2 % par an, soit légèrement plus que la moyenne nationale.
Malgré cela, le taux de chômage reste plus élevé que la moyenne française :
- 12,5 % en Dracénie
- 11,3 % en France métropolitaine
Une explication possible est que la population augmente plus rapidement que le marché du travail local.
Certains nouveaux habitants s’installent en effet pour la qualité de vie du territoire et recherchent ensuite un emploi local ou une reconversion professionnelle.
Ce phénomène existe dans plusieurs territoires attractifs du sud de la France.
Une économie principalement tournée vers les services
La structure économique locale confirme ce profil résidentiel.
Répartition des établissements économiques :
- 58,3 % : commerce, transports et services
- 20 % : construction
- 6,6 % : industrie
- 4,1 % : agriculture
La part importante de la construction reflète la croissance démographique et le développement du logement.
À l’inverse, la part de l’industrie reste relativement faible, ce qui limite la diversification économique.
👉 L’économie de la Dracénie repose donc largement sur les services et l’économie résidentielle.
Des emplois parfois précaires ou saisonniers ?
La nature de certains emplois disponibles peut également influencer les statistiques du chômage.
Les secteurs dominants du territoire — commerce, logistique, tourisme ou restauration — peuvent générer :
- des emplois saisonniers
- des contrats courts
- un turn-over important
Dans certains métiers de la distribution ou de la logistique, les postes d’employés ou de préparateurs de commandes peuvent connaître une rotation rapide des salariés.
Cela peut produire un phénomène bien identifié par les économistes : un territoire où les offres d’emploi existent, mais où la stabilité professionnelle reste limitée.
Certaines personnes alternent alors périodes d’emploi et périodes de chômage.
Des revenus inférieurs à la moyenne nationale
Les indicateurs de revenus confirment également une situation plus fragile.
Le revenu médian disponible s’élève à 22 100 € par an, contre 23 080 € en moyenne en France métropolitaine.
Le revenu médian signifie que la moitié des habitants gagne moins que ce montant et l’autre moitié davantage.
Que signifie le taux de pauvreté ?
En Dracénie, le taux de pauvreté atteint 18,1 %, contre 14,9 % au niveau national.
Le taux de pauvreté correspond à la part de la population dont les revenus sont inférieurs à 60 % du revenu médian national.
Concrètement, cela correspond environ à 1 200 euros par mois pour une personne seule.
Dire que 18,1 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté signifie donc qu’environ près d’une personne sur cinq dispose de revenus très modestes.
Autre indicateur : 49,3 % des ménages sont imposables, contre 53,4 % en moyenne nationale.
👉 Ces chiffres montrent que la Dracénie reste un territoire globalement moins riche que la moyenne française.
Logement : un territoire résidentiel et touristique
Le parc immobilier reflète lui aussi cette attractivité.
On compte :
- 76,8 % de résidences principales
- 12,7 % de résidences secondaires
- 10,4 % de logements vacants
La part de résidences secondaires est plus élevée que la moyenne nationale, ce qui confirme l’attractivité touristique et résidentielle du territoire.
La proportion de propriétaires occupants est également élevée, avec 61,1 % des habitants propriétaires de leur logement.
Entre attractivité et identité territoriale
Au-delà des indicateurs économiques, cette dynamique démographique soulève également des questions sociologiques.
La Dracénie est un territoire dont la population s’est fortement diversifiée au fil des décennies, à la faveur de différentes vagues d’installation.
Pour certains observateurs, l’enjeu consiste aujourd’hui à trouver un équilibre entre attractivité résidentielle et intégration des nouveaux habitants.
L’objectif est de permettre à cette croissance démographique de s’inscrire durablement dans le développement économique et social du territoire, tout en respectant l’histoire et les identités locales.
Situation financière : un pilotage observé par la Cour des comptes
La Chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d’Azur a examiné la gestion de l’agglomération dans un rapport publié en 2020.
Le rapport souligne que l’agglomération gère un budget important et que ses compétences se sont élargies au fil du temps.
La juridiction financière avait néanmoins identifié plusieurs axes d’amélioration :
- des prévisions budgétaires parfois imprécises
- un rapport d’orientation budgétaire incomplet
- l’absence de certaines provisions comptables
- une fiabilité perfectible de certaines données financières
Depuis, l’agglomération publie régulièrement ses documents budgétaires et administratifs.
Une agglomération attractive mais confrontée à plusieurs défis
Au final, la Dracénie présente un profil contrasté.
Les atouts du territoire
- une croissance démographique dynamique
- un cadre de vie attractif et un climat méditerranéen
- une position stratégique entre Verdon et Côte d’Azur
- une progression de l’emploi
Les défis économiques
- des revenus inférieurs à la moyenne nationale
- un taux de pauvreté élevé
- un chômage supérieur à la moyenne française
- une économie encore peu diversifiée
Le défi pour les prochaines années sera donc de renforcer la création d’emplois et diversifier l’économie locale, afin d’accompagner durablement la croissance démographique du territoire.
Sources
- INSEE – Portrait statistique Dracénie Provence Verdon Agglomération
https://www.insee.fr/fr/statistiques/1405599 - INSEE – Données socio-économiques des intercommunalités
https://www.insee.fr - Chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d’Azur – Rapport sur Dracénie Provence Verdon Agglomération
https://www.ccomptes.fr - Dracénie Provence Verdon Agglomération – Documents budgétaires et administratifs
https://www.dracenie.com
