Les élections municipales de mars 2026 à Draguignan s’annoncent comme l’un des scrutins les plus stratégiques du Var. Au-delà de la conquête du fauteuil de maire, l’enjeu est aussi — et peut-être surtout — la présidence de l’agglomération Dracénie Provence Verdon, un poste clé qui concentre d’importants leviers politiques, financiers et d’aménagement du territoire.
Avec près de 40 000 habitants, Draguignan, sous-préfecture du Var, cristallise plusieurs dynamiques politiques : continuité municipale, retour d’une gauche unie et progression confirmée du Rassemblement national. Trois candidats sont à ce jour officiellement déclarés.
Un double enjeu : Draguignan et la présidence de l’agglomération
Remporter la mairie de Draguignan, sauf scénario inédit, revient à disposer d’un avantage décisif pour accéder à la présidence de l’agglomération Dracénie Provence Verdon, qui regroupe 23 communes et plus de 110 000 habitants.
Pourquoi cette présidence est-elle stratégique ?
- Gestion des transports, des déchets, de l’eau et de l’urbanisme
- Capacité à capter des financements régionaux, nationaux et européens
- Pilotage des grands projets structurants du territoire
- Poids politique accru au niveau départemental et régional
Actuel président de l’agglomération, Richard Strambio joue donc un rôle central dans cette élection. Une défaite municipale pourrait entraîner une recomposition du pouvoir intercommunal, soit au profit de son successeur direct, soit au bénéfice d’un autre maire de l’agglomération, selon les équilibres politiques issus du scrutin.
Draguignan, en tant que commune la plus peuplée, dispose de 21 élus communautaires sur les 68 au total, ce qui renforce son poids dans les équilibres intercommunaux.
Richard Strambio, maire sortant et candidat à un troisième mandat
Continuité et stabilité
À 67 ans, Richard Strambio (DVD, centre-droit) brigue un troisième mandat consécutif après ses victoires en 2014 et 2020. Il conduit à nouveau la liste « Richard au cœur », avec le soutien officiel des Républicains.
Un bilan au cœur de sa campagne
Le maire sortant met en avant son action municipale et intercommunale. Il bénéficie également du soutien de l’ancien maire socialiste Christian Martin, dans le cadre d’un collectif citoyen.
Christophe Terras, candidat d’une gauche rassemblée
Une coalition inédite depuis 2020
Absente lors du dernier scrutin municipal, la gauche revient avec Christophe Terras, 57 ans, professeur d’histoire-géographie. Il conduit la liste « Uni.es pour Draguignan », rassemblant :
- Parti socialiste (PS)
- Les Écologistes
- Parti communiste français (PCF)
- La France insoumise (LFI)
Un programme participatif et écologiste
La coalition met en avant une démocratie locale renforcée et un programme co-construit avec les habitants, articulé autour de plusieurs axes :
- Environnement : zéro artificialisation nette, ferme communale pour les cantines
- Santé : installation de médecins généralistes pour améliorer l’accès aux soins
- Éducation : végétalisation et rénovation thermique des écoles
- Mobilités : développement des pistes cyclables et renforcement des transports publics
- Logement : rattrapage sur les logements sociaux et urbanisme adapté au climat
La liste se positionne comme une alternative aux forces politiques actuellement en présence.
Philippe Schreck, candidat du Rassemblement national
Une candidature officialisée
Le 15 janvier 2026, lors du journal télévisé de France 3 Côte d’Azur, Philippe Schreck, député RN de la 8e circonscription du Var, a officialisé sa candidature à la mairie de Draguignan.
Ancien bâtonnier du barreau et conseiller municipal d’opposition depuis 2020, il était déjà candidat en 2020.
Un territoire électoralement favorable au RN
Draguignan a enregistré plusieurs scores significatifs du Rassemblement national lors des dernières échéances électorales, notamment :
- La victoire de Philippe Schreck aux élections législatives de 2024
- Un score de 12,6 % aux municipales de 2020
Son programme devrait s’inscrire dans la ligne nationale du parti, notamment sur les thèmes de la sécurité et de l’immigration, ainsi que sur des enjeux locaux comme l’urbanisme et les dépenses culturelles.
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